1996 : Patrick Balkany est condamné par la 9e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre à quinze mois de prison avec sursis, 200 000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour avoir tapé dans la caisse de la ville de Levallois-Perret qu’il administre.
2001 : redevenu éligible, il se représente aux élections municipales et est réélu haut la main.
* * *
1996 : Jacques Mellick, député-maire de Béthune est contraint par la justice à abandonner tous ses mandats suite à sa condamnation pour témoignage de complaisance dans l’affaire VA-OM. Il condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.
2002 : suite à l’invalidation du scrutin de 2001, sans aucune vergogne il se représente et est élu au premier tour.
* * *
Assez régulièrement j’entends dire que les électeurs ne seraient pas stupides. Etant d’un naturel généreux et indulgent, bien que la plupart de mes illusions sur mes contemporains se soient envolées depuis belle lurette, je voudrais bien croire à ce qui ressemble malheureusement à une pétition de principe. Les deux pitoyables exemples(1) cités au début de ce billet, exemples et gravés à jamais dans mon esprit, me rappellent fort heureusement à la réalité.
La proximité de la présidentielle me fait craindre le pire. Le candidat Hollande semble jouir d’une popularité certaine. Il caracole en tête des sondages et si j’en crois les témoignages de certains auditeurs de l’émission “Les auditeurs ont la parole” diffusée sur RTL, il y aurait même des électeurs de droite qui auraient été convaincus par le bonhomme. Ce qui en dit long sur le concept de “droite” dans ce pays.
Pourtant pour peu que l’on veuille bien s’en donner la peine, au lieu de se contenter de la bouillie servie par des journaleux serviles, on peut aisément se faire une idée des qualités du candidat Hollande. Président du Conseil Général de la Corrèze, il administre une collectivité territoriale qui compte environ 250.000 habitants. C’est le département le plus endetté de France, le seul dont la dette est supérieure à 100% de son budget global, ce qui représente une dette qui s’élève à 1.329€ par habitant. Pour information, le second département le plus endetté fait plafonner la dette à hauteur de 993€ par habitant, ce qui permet d’avoir une idée des qualités de gestionnaire du gars François. On ne peut qu’avoir le tournis en imaginant ce qu’il pourra donner en passant de la gestion de 250.000 péquins à celle de 65,3 millions.
Les 43,2 millions d’électeurs qui iront aux urnes d’ici peu seront-ils moins cons que ceux qui avaient redonné, en 2001 et 2002, l’écharpe de maire à deux margoulins convaincus par la justice ? Rien n’est moins sûr. Et on voudrait que l’on s’extasie devant la démocrassie ?
(1) Mais on pourrait également citer Jean-Paul Alduy, Pierre Bédier, Harlem Désir, Jean-François Mancel, Henri Emmanuelli, Alain Juppé, Xavier Dugoin, Christian Cuvilliez, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Paul Huchon, Jean Tibéri, Michel Roussin, Guy Drut, Manuel Aeschlimann, Frantz Taittinger, Alain Josse, Jean Schuler, Charles Pasqua, et tant d’autres qu’il serait fastidieux de lister.
Quand le bottin des élus ressemble à un registre d’écrou peut-on encore se permettre de vanter les vertus républicaines ? Ça pourrait faire un bon sujet pour le prochain baccalauréat.
Ajout : Je ne résiste pas à citer ce passage d’un billet tiré du blog de Philippe Peter :
“« Nous avons hérité de cette dette que nous avons cherché à freiner », a expliqué Dominique Ceaux, directeur général des services départementaux. Selon lui, la dette de la collectivité, gérée par la droite jusqu’à 2008, est passé de 35 à 300 millions d’euros entre 2003 et 2008. Elle s’élève aujourd’hui à 345 millions d’euros. « Pour la baisser, il ne faudrait pas investir plus de 35 millions d’euros par an ». Une solution au rabais inenvisageable pour Dominique Ceaux qui a par ailleurs précisé que le département investissait désormais « environ 60 millions » d’euros chaque année.”
Je passe sur l’antienne habituelle de l’héritage, version à peine plus intelligente du fameux “cépamoicélui” des cours de récréation de notre enfance. En revanche, je refuse de passer sur cet acharnement à vouloir continuer de dépenser plus que ce qu’on a en caisse tout ça parce qu’il est hors de question de paraître déclassé en regard des autres départements. Les contribuables apprécieront, enfin on l’espère en tout cas.
Étonnant d’ailleurs qu’aucun journaliste ne parle de cela…
Étonnant ? En fait pas du tout. Les journalistes bénéficient de niches fiscales parfaitement scandaleuses (comme la plupart des niches fiscales…).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_collective_nationale_de_travail_des_journalistes
De plus, comme ils sont pour la plupart de gauche, Ils répondent toujours positivement au clientélisme des politiques.
On pourrait s’étonner de voir tant d’hommes politiques en couple avec des journalistes mais il ne faut pas.
Les journalistes, comme les fonctionnaires, les syndicats, les députés, les sénateurs et bien d’autre encore, font partie de cette caste, cette “élite” qui le pouvoir politique privilégie eu dépend du reste du commun des mortelles.
Concernant les rares journaux de droite, le constat n’est pas différent. Le Figaro est à la solde de l’UMP.
Finalement, je ne vois que le Canard Enchainé qui mérite d’être lu…
La réélection des repris de justice est instrumentalisée comme la fontaine de jouvence qui recoud l’hymen de l’épousée. Ils n’ont de cesse de se proclamer blanchi (comme des sépulcres) jusqu’à ce qu’on le croit sur les marchés de plein vent.
Mais plus sérieusement, la réélection procède d’un réflexe tribal. La condamnation a été imposée par une autorité extérieure à la ville, et l’élu est l’enfant du pays… même s’il n’y est pas né. C’est le pied de nez gaulois.
J’allais oublier le vainqueur de la timbale d’or du pourri de la république : Léon Bertrand.
Ancien ministre du tourisme (2002-2007), maire de Saint-Laurent du Maroni et président de la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais il a fait l’objet d’un placement en détention provisoire (26/11/2009) dans une sombre affaire de marchés publics sur fond de favoritisme, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux et corruption passive. Pas gêné pour un sou, se drapant dans la présomption d’innocence, il a fait acte de candidature aux régionales depuis la cellule où il attendait que l’on veuille bien statuer sur son sort.
Bien évidemment il a été relâché (12/3/2010), le juge estimant que l’état d’avancement du dossier ne justifiait plus son maintien en détention. Sa liste a fort heureusement été boudée par les électeurs (4,24%). Sa requête en annulation de son procès a été rejetée et normalement il devrait rendre compte de ses actes cette année.